Violette Fris-Larrouy, Arts de la Chine, Musée Geoges-Labit de Toulouse, 1999.

L’OUVERTURE AUX INFLUENCE ÉTRANGÈRES

Jusqu’au IIe siècle avant notre ère, les échanges artistiques et techniques de la Chine avec ses pays frontaliers furent essentiellement dirigés vers les peuples nomades de la steppe. Entre le IIe et le Xe siècle, ses contacts avec l’Inde et le monde occidental, rendus possible grâce à l’ouverture des routes commerciales en Asie Centrale, apportèrent une série de transformations dans ses courants de pensée, son architecture, ses pratiques funéraires et son iconographie. Les deux principales interventions étrangères qui marquèrent considérablement et de manière irréversible le décor, les techniques et les formes furent, sous les Han de l’Est, l’arrivée du bouddhisme puis, en 674, sous les Tang, l’installation à Chang’an de Pêrôz, dernier souverain sassanide, accompagné de sa cour et de ses meilleurs artisans. D’autres cultures vinrent modifier la tradition artistique chinoise : l’islam du IXe au XIVe siècle, le lamaïsme de la fin du XIIIe au XIXe siècle, l’Occident dès le XVIIIe siècle. Les influence se firent dans les deux sens à des degrés différents selon les époques et les lieux, conduisant à une intégration parfois complète, parfois passagère, des coutumes étrangères, entraînant une juxtaposition ou une superposition des cultures.

Les routes des oasis

La fragilité de la paix aux frontières nord-ouest du territoire chinois, menacées par les attaques répétées des nomades Xiongnu – insensibles aux traités pacificateurs proposés par la Chine – conduisirent les Han à chercher des alliance militaires avec d’autres peuples d’Asie Centrale. Dans ce but, Zhang Qian fut envoyé vers 139 avant notre ère à la recherche des barbares Yuezhi, actuels Indo-Scythes, réfugiés en Bactriane, territoire conne des Grecs depuis Alexandre le Grand. Ces campagnes militaires, à l’origine de l’expansion chinoise vers le Pamir et le bassin du Tarim, firent connaître aux dirigeants chinois les routes commerciales déjà actives entre la Chine du sud, l’Inde et l’Aise Centrale et provoquèrent l’ouverture des relations entre le monde chinois et le monde occidental par ce qui fut nommé beaucoup plus tard « la route de la Soie », reliant ;a Chine à la Méditerranée. Ces routes commerciales étaient en réalité constituées de plusieurs itinéraires qui véhiculèrent autant les marchandises que les hommes et les idées. Les denrées partant de Chine comprenaient non seulement la soie, matière précieuse entre toutes, mains également des laques, de l’ivoire, des épices, etc., et celles venant de l’ouest vers l’est, du verre, des textiles de laine et de lin, des pierres précieuses artificielles.

Cependant l’apport le plus marquant de ces échanges fut certainement, au début notre ère, l’introduction d’une doctrine d’origine indienne, accompagnée de sa propre iconographie : le bouddhisme. Le répertoire artistique de l’Inde et du Gandhara, véhiculé par les premières images du bouddhisme, pénétra en Chine du Nord par l’Asie Centrale. Les voyageurs, les moines traducteurs et les pèlerins à la recherche des textes et des sources de cet enseignement furent non seulement les agents d’expansion du bouddhisme philosophique, mais également ceux d’un style décoratif nouveau qui se manifesta en Chine à partir du IVe siècle dans l’architecture, la peinture et la sculpture religieuses.

Le bouddhisme, fondé par l’ascète indien Gautama – le futur Buddha – vers la fin du Ve siècle avant notre ère, prit naissance dans le bassin moyen du Gange, à la limite actuelle du Népal et de l’Inde. Jusqu’au début du 1er siècle de notre ère, le Buddha ne fut évoqué que par des symboles, et c’est en arrivant au Gandhara qu’il fut pour la première fois représenté sous une forme humaine, gardant dans les traits de son visage et dans les plis de ses vêtements les influences de l’art grec diffusé sur ce territoire à la suite des conquêtes d’Alexandre le Grand (fig. 1). Les première images contenaient déjà les constantes de l’iconographie bouddhique et la codification des gestes, mudrã, diffusée de l’Asie Centrale à la Chine et au Japon.

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