Les autres éléments qui nous permettent de faire un rapprochement digne d’intêret sont les fleurs et, particulièrement, les fleurs de pivoine et de lotus qui se distinguent aisément sur les spécimen reproduits. Il suffit d’avoir vu les délicates céramiques blanches Ting-tcheou, dont la décoration moulée ou incisée dans la pâte utilise les même motifs floraux, pour que la comparaison paraisse permise ; bien que traitées dans des matières différentes, les fleurs sont apparentées, non seulement par leur espèce mais aussi par le dessin et jusque dans la forme incurvée des tiges nous croyons retrouver une élégance qui n’appartient qu’aux Song.

Aussi bien, cette analogie n’est peut-être pas fortuite : nous savons que la ville de Ting-tcheou au Hopei était comme contre de tissage dès le VIe siècle. Située à proximité des régions (notamment du Shensi) où était établie au Xe et XIe siècles ine colonie ouïgoure, il n’est pas invraisemblable que ceux-ci, refoulés au Hopei par les Jučen au début du XIIe siècle, aient eu auparavant des contacts avec les artisans de Ting-tcheou et qu’ils purent initier ceux-ci à la technique du tissage de ces tapisseries « k’o-sseu » — nom emprunté, comme le montre clairement M. Cammann, à une langue turque et vraisemblablement au ouïgour.

Un auteur chinois du début de XIIe siècle, Tchouang Tch’ouo signale que l’on fabriquait déjà de k’o-sseu à Ting-tcheou de son temps et il est permis de croire que Ting-tcheou fut, dès le XIe siècle, le premier centre réputé où des artisans chinois développèrent la technique apprise des Ouïgours.

A l’origine les motifs tissés par ces artisans n’eurent sans doute pas la diversité que l’on rencontre à une époque ultérieure et le tissage de sujets purment picturaux marqueraut, selon toute vraisemblance, un stade plus avancé de la technique. Tout indique, d’autre part, que c’est l’Académie de Peinture des Song qui a inspiré le style des tapisseries plus proprement « picturales » et qui se distinguent précisément du groupe de k’o-sseu que nous avons isolé.

Si nous ne nous trompons pas, nous aurions donc affaire à des documens qui se placeraient au début du XIIe siècle, sinon à une époque légèrement anterieure, et qui pourraient bien être sortis de la main des artisans de Ting-tcheou.

Dès lors, ne devait-on pas s’attendre à relever quelque analogies entre les spécimen de k’o-sseu provenant des fouilles d’Asie Centrale et les k’o-sseu que nous présumons avoir été fabriqué à Ting-tcheou à une époque où l’influence ouïgoure devait être encore sensible ?

La documentation que nous possédons est trop peu abondante pour que l’on puisse en tirer autre chose que des présomptions : les fouilles d’Asie Centrale n’ont livré, en effect, que quelque rares spécimen de k’o-sseu ; un fragment cependant nous itéresse plus particulièrement : il provient de la région de Tourfan et se trouve décrit par von Falke dans l’ouvrage de von Le Coq qui reproduit en couleurs ce document.

La comparasion fait ressortir une analogie remarquable entre la gamme de coloris qui le caractérise et les couleurs que nous avons déjà notées en décrivant les spécimen qui se trouvent ici reproduits : violets, jaune, vert, blanc, et bleu turquoise, das des tons quasiment identiques.

Jusqu’à plus ample informé, une telle gamme de coloris paraît radicalement différente des nuances auxquelles nous sommes accoutumés en nous référant à des textiles de la dynastie Ming : c’est ainsi que la collection de couvertures de « sutras » qui appartient au Musée de Philadelphie et qui contient nombre inportant de fragments de texiles appartenant à l’époque Ming (y compris plusieurs fragments de k’o-sseu), ne révèle aucun document dont la gamme de coloris ait le moindre rapport avec celle qui semble typique pour des tapisseries qui, tant au point de vue du style que des coloris, présentent des affinités si marquées avec des document qui évoquent une époque beaucoup plus ancienne.

La conclusion que nous nous proposons de tirer de cet examen se formule sous forme d’interrogation. N’y a-t-il pas lieu de considérer, juqu’à preuve du contraire, que le groupe de k’o-sseu que nous venons d’étudier se place chronologiquement après les documents d’origine ouïgoure qui ont été mis à jour par Sir Aurel Stein, Pelliot et von Le Coq au Turkestan Chinois et avnat les k’o-sseu qui sont apparentés par leur style à l’Académie des Song du Sud ? Une réponse catégoriquement affirmative ne saurait être donnée avant qu’une étude d’ensemble de la question ait pu être entreprise, tant du point de vue technique (analyse des matières colorants, des procédés de tissage etc.) que du point de vue stylistique en se référant à des spécomen dont la date devra être sûrement établie. Jusqu’alors il n’est permis que de poser des bases provisoires qui pourront servir à d’autres travaux.

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