c) M. Harada souligne d’autre part le fait que la finesse du k’o-sseu à motif de « fleurs et oiseaux » est moins grande que celle des tapisseries Song dont le sujet est purement pictural. Il en donne pour example une feuille d’album représentant une feuille de pivoine (Cf. Tsouan tsou ying houa Pl.1) qui ne contient pas moins de 380 fils pour la chaîne et 110 fils pour la trame par « sun » (1 « sun » = env.3cm²) ; le spécimen à motif de « fleurs et oiseaux » en contient 145 et 70 repectivement ; tandis que les tapisseries d’Arras et de Bruges ont communément 20 fils de trame et de 56 à 96 fils de chaîne.

d) A propos de la gamme de coloris, M. Harada mentionne les couleurs suivantes : blanc, bleu, vert, rouge, (passé de couleur et ayant pris un ton jaune) et enfin une couleur violette qui est celle du fond et qu’il croit pouvoir identifier en disant : « the purple ground of this tapestry was obtained by the use of sapan dyes with ferric alum mordant. It appears as if the colour had been stabilised by means of ashes ».

C’est par un procédé de rationalisation difficile à justifier que M. Harada en arrive à formuler cette effirmation. Rien ne lui Cæsalpinia sappan (L.) Là encore une méthode d’examen s’impose et seuls les procédés d’analyse spectographique pourraient nous rendeigner sur la nature des teintures végétales bien déterminés. Le fait est que les laboratoires industriels les mieux équipés aux Etats-Unis ne possèdent pas l’échantillonnage des teintures végétales extrêment variées qui ont servi à teindre les étoddes anciennes et il paraît douteux qu’un examen de cette nature ait pu être fait dans les conditions par les cavant japonais. Faute de données plus positives on est donc conduit à chercher dans les textes la mention de procédés anciens de teinture.

C’est précisément d’un texte de cette nature, mal interprêté par M. Harada, que celui-ci a tiré des déductions hasardeuses. Il s’agit d’un passage du Yen yi i meou 燕翼詒謀, ouvrage écrit par Wang Yong 王栐, de la dynastie des Song, cité par M. Tchou Ki-k’ien et reproduit dans le Tsouan tsou ying houa (teste chinois); il y est question de la réglmentation qui régissait, en matière de coloris, l’habillement des fonctionnaires, lettrés et gens du commun sous la dynastie des Song. Ce texte nous apprend, en particulier, que l’emploi de la couleur violette fut tout à tour interdit par décret de la façcon la plus stricte en l’en 7 de l’ère T’ai ping hing kouo (982), puis autorisé en l’an 2 de l’ère Touan kong (989) du même Empereur T’ai-tsong. Sous le règne de Jen-tsong (1023-1056), l’interdiction fut renouvelée avec sévérite en l’an 7 de l’an 7 de l’ère Tche-ho (1055) mais lorsque la Cour Impériale se fut établie dans le Sud, la mode de porter des vêtement violets prévalut de nouveau et devint quasi générale. Or, il est question dans ce même texte d’un teinturier venu de Sud sous le règne de Jen-tsong « qui utilisaut des feuilles de chan-fan réduites en cendres pour obtenir un violet qui était de teinte foncée. »

La tradution littérale de chan-fan 山礬—alun des montagnes—a pu faire croire qu’il s’agissait d’une vatitété d’alun, c’est-à-dire d’une matière minérale. En réalité, il s’agit d’une plante qui est décrite dans le Pen ts’ao kang mou et dont la particularité est que ses feuilles ont la propriété ordinaire de teindre les étoffes en jaune alors que si on les réduit en cendres elles donnent une teinture violette.

L’ouvrage en question cite un autuer Song de la fin du XIe siècle et du commencement du XIIème qui précise que : « dans les régions sauvages du sud-est la Chine la plante « ting houa » se trouve en abondance. Les indigènes en cueillent les feuilles qu’ils réduisent en cendres ; la couleur violette obtenue par ce procédé de teinture est de foncée. Ceci se fait sans employer d’alun ; j’ai donc changé le nom de cette plante en celui d’alun des montagnes. Si l’identification de cette plante qui porte des noms différents reste malaisée à établir, il est certain que la couleur violette dérivée de ce végétal à l’époque Song n’a aucun rapport avec la teinture du Cæalpinia sappan qui était employée avec l’adjonction d’un mordant (sulfate de fer).

M. Harada semble donc avoir mélangé des données très différentes et détermination de la teinture employée pour obtenir en l’occurence le coloris violet n’est unllement fondée. Si je me suis étendu un peu longuement sur ce point, c’est pour insister ici sur l’importance qu’il y aurait, du point de vue archéologique, à constituer d’abord un échantillonnnage des matiéres colorantes autrefois employées afin de pouvoir ensuite se livrer à une série d’analyses systématiques. On obtiendrait ainisi confirmation qu’il s’agit bien, pour un spécimen déteminé, de telle ou telle teinture et on en tirerait souvent des indications précieuses quant à la date probable de la matière teinte.

A l’heure actuelle, on en est réduit à des conjectures et, dans le cas qui nous occpe, à pense que, s’il s’agit effectivement d’un spéciment de k’o-sseu de l’époque Song, comme il y a des raisons de le supposer, la couleur violette que nous retrouvons ailleurs dans tous les spécimen reproduits et qui semble précisément caractéristique pour certains textiles de cette époque, pourrait bien avoir été tirée de cet « alun des montagnes » que Tarranzano et Stuart identifient avec le Symplocos prunifolia (L.).

Sana nous arrêter davantage pour l’instant à l’examen de la Planche A, nous donnerons maintenant la description des spécimen de même type que nous avons pu réunir : La planche C reproduit un fragment de k’o-sseu conservé au Musée du Palais à Pékin et provenant de la Collection du Dr. Ferguson, qui s’apparente d’une façon extrêmement étroite au panneau étudié précédemment : sur un fond violet se détachent, parmi des fleurs et des feuilles de style identique, deux oiseaux qui figurent également dans le motif de la Pl. A Remarquons que les oiseaux portent aussi dans leur bec le « fungus de la longévité. » Les circonstaces ne m’ont pas permis d’obtenir une photographie en couleurs de ce document. Mes souvenirs remontant à plusieurs années, je ne puis que rapporter l’impression reçue de tons extêmement frais et délicats (verts, ocres, violets), nullement décolorés et se mariant d’une manière exceptionnellement raffinée.

Il est à notre que ce fragment a servi de couverture à un makémono mais l’étiquette, dont la trace demeure cependant visible à la supérieure, a disparu.

La plache D reproduit un autre fragment simblable qui se trouve dans une collection particulière en Europe ; le fond est également violet et les oiseaux repésentés s’identifient à ceux de la Planche A. Chacun des oiseaux tient dans son bec le « champignon de la longgévité ».

Ce fragment a d’abord fait partie d’un makémono datant de l’époque Song dont il constituait la couverture protectrice. Une étiquette était collée sur ce morceau de k’o-sseu avant qu’il n’ait été détaché du makémono en question.

Le fragment reproduit sur la planche E (Collection J. P. Dubosc) présente quelques caractéristiques particulières : le fond, au lieu d’être violet, est jaune mais on retrouve cependant la même couleur violette en quelques parties du motif ; c’est ainsi que la queue et les ailes des oiseaux affrontés qui figurent des paons sont tissées de violet ; il en est de même pour le bec de l’oiseau coiffé d’une aigrette qui se trouve en bordure de la partie inférieure, à gauche.

Parmi les autres coloris, il y a lieu de relever du blanc, plusieurs tons de vert, de jaune et d’ocre ainsi q’un bleu turquoise dont nous retrouvons l’équivalent dans le fragment du Musée de St. Louis (Pl. F).

Comme les précédents, ce morceau de k’o-sseu a servi de couverture à un makémono mais l’étiquette qui désignait la peinture ou la calligraphie à laquelle il se trouvant joint a disparu ; on en voit toutefois la trace à la partie supérieure.

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